Derb Chlouh attire chaque jour artistes et autres amateurs qui cherchent à acquérir un instrument de musique, vu sa réputation au niveau local, national et international, pour la haute qualité des articles exposés.
Dans ces espaces et magasins, amateurs et artistes trouvent aisément les instruments recherchés dont l'Oud, roi des instruments, en passant par l’Outar, le Rebab amazigh dans toute sa splendeur, la mandoline, le violent, la guitare, le Hajhouj ou le tambour. On y trouve des instruments exposés à la vente et d’autres nécessitant une réparation.
Dans une déclaration à la MAP, Said Lahlou, commerçant, spécialiste de la fabrication de la mandoline depuis quatre décennies et propriétaire d’un local à Derb Chlouh, fait savoir que la réparation des instruments de musique fabriqués au niveau local ou ceux importés de l’étranger, porte notamment sur le réglage des cordes, soulignant que la pratique de cette profession exige une connaissance et une grande maitrise du métier.
Si ces instruments constituent la base de toute production artistique, l’existence même de ces magasins dédiés à la réparation et à la fabrication, contribue à la promotion de ce secteur, ajoute-t-il, rappelant que plusieurs chanteurs, compositeurs et artistes marocains et arabes fréquentaient ce marché où ils pouvaient trouver facilement les instruments de musique recherchés, sans omettre les enseignants des conservatoires et les amateurs.
Il s'est également rappelé avec fierté de grands noms de la chanson marocaine qui ont visité son magasin, entre autres Mahmoud Idrissi et Mehdi Abdou.
Par ailleurs, parmi les instruments fortement convoités, figure l'Oud fabriqué localement, indique M. Lahlou, soulignant que le Maroc occupe une place de choix en matière de fabrication de cet instrument. Les artistes marocains et arabes et même étrangers à la recherche de nouveaux instruments, viennent s’approvisionner au Maroc, a-t-il dit.
Le prix de cet instrument varie entre 500 DH et 6000 DH et peut atteindre jusqu'à 15.000 DH en fonction de la qualité et la finition. Le Rebab amazigh atteint les 700 DH, la mandoline fabriquée localement coûte entre 500 et 1700 alors que le prix de l’Outar varie entre 150 et 200 DH.
Si les travaux de réparation sont très importants car ils permettent de prolonger la vie d'un instrument, la commercialisation est tout aussi primordiale puisqu’elle garantit un revenu régulier aux professionnels.
M. Lahlou a également évoqué le rôle du digital qui contribue à la vulgarisation de la culture musicale auprès du grand public.
Jusqu'à un passé proche, les instruments de musique étaient l'apanage des artistes, compositeurs et enseignants de musique alors qu’aujourd’hui, même les jeunes s’intéressent à l’acquisition de ces instruments.
Selon M. Lahlou, les parents jouent un rôle important pour encourager et motiver leurs enfants à jouer de la musique en leur offrant des instruments de musique.